Time for Oceans : une transat verte pour le bien de la grande bleue

22 octobre 2019 à 12:25 par Thomas

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François Guiffant et Stéphane Le Diraison prennent le départ de la Transat Jacques Vabre 2019 à bord de « Time for Ocean ».

Tous les skippers vous le diront, pour qui veut braver les éléments naturels, la problématique environnementale est au coeur des priorités. Pour Stéphane Le Diraison c’est un peu plus que cela, l’ingénieur morbihannais prend la question très à coeur et il s’est donne pour mission de la placer au centre des priorités de chacun. « Il y a eu le Vendée Globe 2016 », se souvient-il autant que les 2 millions de personnes venues suivre le départ. « Je me suis dit à mon retour : « il faut que j’y retourne et que je porte un message en phase avec moi-même et mes valeurs » ».

L’évolution du climat a changé la cartographie des navigateurs

Anciennement responsable de l’activité des énergies marines renouvelables chez Bureau Veritas, Le Diraison a fait un constat aussi simple qu’inquiétant : « En 2016 je suivais attentivement la progression des glaces, à mon retour j’ai eu l’idée de comparer cette zone glaciaire, avec la cartographie des skippers du Vent des globes d’il y a 25 ans. Si on superpose les deux cartes, aujourd’hui le tracé ne passe plus. Le parcours de Jean-Luc Van Den Heede en 89, si on le met avec les cartes d’aujourd’hui, il doit rentrer à pied. »

Voilà le postulat de départ au projet « Time for Oceans ». Comme le nom du bateau, catégorie IMOCA, avec lequel il va prendre ce week-end, le départ de la transat Jacques Vabre 2019, associé à François Guiffant. Soutenus par trois sponsors majeurs que sont la ville de Boulogne dans le 92, Suez et Bouygues construction. Pas vraiment le genre de marques que l’on peut croire accès sur l’environnement et le développement durable et pourtant elles sont engagées plus qu’on ne le croit, ou ne l’imagine le grand public.

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Des sponsors soucieux de la question environnementale

Stéphane Le Diraison les a pris au pied de la lettre, face à la bonne volonté responsable affichée. « Je leur ai proposé que Time for Océan soit un ambassadeur de leurs actions et pas seulement d’engagements fumants ». Un exemple ? « Le béton représente 6% des émissions de gaz à effet de serre, à l’échelle de la planète. Si on agit la dessus, on a un effet de levier très important. De concret, Bouygues vient de lancer un accord avec une société qui a trouvé un procédé qui permet de produire des ciments, en diminuant l’empreinte environnementale de 60 à 70%. »

Quant au skipper, son engagement se conjugue de pair avec son embarcation. Ça commence par construire et déconstruire un bateau en produisant le moins de déchets possibles, sur les produits chimiques notamment. Ça se poursuit en course au quotidien, autour de questions simples et fondamentales comme de se passer des emballages alimentaire. Ça paraît parfois anodin, mais en totale itinérance sur plusieurs jours, semaines voire mois, l’enjeu est important.

Un projet de bateau « écolo » dans les cartons de Stéphane Le Diraison

A long terme, Le Diraison envisage de construire en 2021, « un bateau dans le cahier des charges de l’IMOCA, qui intègrerait d’emblée la question environnementale, dans la construction et avec une analyse du cycle de vie qui pour assurer la déconstruction. Aujourd’hui un bateau cartonne on ne sait pas le déconstruire. Avec l’équipe on se retrousse les manches pour se dire : est-ce qu’on est capable – pour l’instant on a pas toutes les réponses – de construire un bateau en 2021 qui intègre les contraintes environnementale. Ça veut dire sans doute la réintroduction de matériaux style inox, bois… » Et des contraintes de poids et de performance à appréhender.

A plus courte échéance, le but du duo de Time for Oceans sera d’abord de réduire sa propre empreinte carbone. Par la sienne, il faut élargir à toutes les personnes qui gravitent autour du projet. « On est en train de réaliser un audit. Ce n’est pas simple, si on veut qu’il serve à quelque chose. Le bilan carbone juste du fonctionnement de l’équipe et du bateau c’est très facile, mais ça n’est pas suffisant. Il faut aussi inclure toute la logistique, les invités que l’on va déplacer au départ des courses, le déplacement des équipes aux arrivées, l’envoi de voiles au Brésil… » Tout ce que le public ne voit ni n’imagine pas nécessairement.

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Prochainement va aussi s’ouvrir une chaîne Youtube tournée vers les plus jeunes. Pour « expliquer avec des mots que les enfants comprennent, comment je gère mes déchets, la production d’énergie et l’eau douce. Avec deux classes pilotes on va créer un challenge des low tech, par opposition à la high tech. » Sur la base de tutoriels ludiques à mettre en application, comme de réaliser un dessalinisateur à partir de feuilles d’aluminium et d’un filtre à café.

Sur la Transat Jacques Vabre 2019 avec une certaine ambition

Stéphane Le Diraison en parle avec passion, au point de zapper la question de l’ambition sportive sur la Transat 2019. Il n’en manque pourtant pas : « Nous allons nous battre dans le groupe des autres IMOCA de la génération 2008 et nous ne nous priverons pas de jouer les trouble fêtes quand les occasions se présenteront ». Avec la volonté de consommer moins, pour gagner plus. Tout un programme. Mieux ici, c’est une philosophie !




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