Le FC Sochaux dans la tourmente, son projet ne convainc pas

Posté le 2 février 2016 par

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En changeant de main, le FC Sochaux espérait un regain d'ambition. Pour l'instant c'est pas ça... - @Facebook

En changeant de main, le FC Sochaux espérait un regain d’ambition. Pour l’instant c’est pas ça… – @Facebook

Depuis le début de l’année 2016 les titres de la presse locale s’embrasent pour le FC Sochaux. Le club doubiste est dans la tourmente, principalement à cause de son actionnaire majoritaire, l’homme d’affaires chinois Li Wang Sang. Le coeur du problème est le manque d’argent.

Le 13 Janvier, Li Wang Sang évoquait dans l’Equipe ses ambitions pour le mercato de l’été, avec l’ambition de remonter vite en Ligue 1 à l’horizon 2017-2018. Un coup de communication destiné à rassurer. Sauf qu’il faut d’abord se maintenir en Ligue 2. Ce qui ne se fera pas sans douleur, en atteste l’inquiétude des associations de supporters du club que la direction n’a fait que rassurer partiellement.

Dirigeant d’une PME d’un chiffre d’affaire de 20 millions d’euros la holding Tech Pro Technology, maison mère de Ledus est côté en Bourse de Hong-Kong à une valeur de quelques centaines de millions d’euros. Li Wang Sang à une fortune personnelle estimée à 85 millions d’euros. Fortune perçue comme une timide promesse.

Timide. C’est le terme qui revient depuis la reprise, à seulement 4 millions d’euros du FC Sochaux, durant l’été 2015 par l’homme d’affaire chinois. Le groupe PSA a même offert une garantie de 1,5 millions d’euros pendant deux saisons, à la condition que le club reste en Ligue 2. Comment souvent dans ces conditions de reprise d’entreprise, l’argent du vendeur sert à financer les ambitions du nouveau projet. A l’annonce de la reprise, le nouveau propriétaire et son entourage annonçaient que le budget allait augmenter. Un effet d’annonce, car le budget 2015/2016 a baissé de 500.000 euros pour se situer à 16,5 millions d’euros. Le cinquième du championnat, alors que la saison précédente le club doubiste avait le troisième.

Lisibilité et argent par intérêt

Illustrant les méthodes des hommes d’affaires modernes investissant dans le sport, Tech Pro Technology vise à faire gagner en visibilité la marque Ledus en France. Pour cela, seulement deux saisons suffisent à s’installer dans les esprits, plus de 5 ans pour devenir habituel et une décennie pour être considéré comme une institution.

Logiquement ce que souhaite Ledus est une présence sur au moins cinq saisons, pour être assez crédible. Ce qui explique la sortie de Li Wang Sang qui se montra en capacité d’investir 10, 20 ou 100 millions d’euros dès le prochain mercato. Sous quelle forme ? Mystère. Probablement sous la forme d’un prêt bancaire. Une technique assez connue depuis quelques années. La société mère établit un prêt envers sa filiale, qui rembourse sur une durée assez variable et en mettant sous garantie les « murs. »

L’exemple Genii Capital – RC Lens

Avant que l’Azerbaïdjan ne s’intéresse au RC Lens via le fantomatique Hafiz Mammadov, le club avait une autre proposition de rachat de la société luxembourgeoise, Genii Capital. Cette dernière était propriétaire de Lotus F1 Team, ex Renault depuis décembre 2009. Le modèle de cette entreprise est illustré de la manière suivante : dès la première saison, le fond d’investissements devait garantir 40 millions d’euros dans le budget. Pour atteindre cette somme, un prêt de 20 millions d’euros a été souscrit auprès d’une banque d’Estonie. Ce prêt mettait en garanti l’intégralité de l’équipe (usine comprise). Par la suite, Genii Capital a injecté 45 millions d’euros chaque saison, sous la forme de prêts inter-entreprise. Trois saisons plus tard, le manque de liquidité se faisait déjà sentir. Pendant ce temps, Lotus a servi de plate-forme aux affaires de la société. A la fin de l’aventure en décembre 2015, les dettes de l’équipe étaient de plusieurs centaines de millions d’euros.

Le projet Genii Capital – RC Lens relevait du même système, avec des sommes équivalentes. Précaire dans le monde sportif, mais séduisant en estimant que les droits télévisuels sont importants (surtout en Ligue 1). C’est l’espoir du nouveau patron du FC Sochaux. Investir pour se rembourser à terme, tout en faisant profiter le public de l’image de sa société. Un pari risqué, qui pour le moment, ne sera qu’un coup de communication.

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Une réflexion au sujet de « Le FC Sochaux dans la tourmente, son projet ne convainc pas »

  1. Clyde

    Bon article mais une erreur: le rachat s’est fait à hauteur de 7 millions, pas 4. Ce sont les deux reversement de 1.5 millions qui font passer l’ardoise de 7 à 4.

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