Finances des franchises : les Lakers, bons élèves d’une NBA plombée par la crise

Posté le 10 décembre 2009 par

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Sport business et crise n’ont jamais fait bon ménage ! On le sait désormais d’autant plus que le site internet du magazine Forbes a rendu, ce jeudi, les résultats de son enquête sur les finances des 30 clubs de la NBA après la saison 2008-2009. Inutile de ménager plus longtemps le suspense, Forbes nous dépeint un tableau d’une rare noirceur en ajoutant, avec une pointe d’ironie toute retenue : « C’est la première fois depuis onze ans que nous faisons cet état de lieu, que la valeur financière des équipes de la NBA est en baisse. » Voilà qui inquiète très clairement au pays de l’oncle Sam car, traduit pas des chiffres, Forbes nous apprend que 12 des 30 équipes de la NBA ont enregistré une baisse de leurs exploitations, la saison dernière. Les conséquences sont fâcheuses sur la valeur des équipes (moins 3 % à 367 millions d’euros, en moyenne) et sur les affluences qui n’ont jamais été aussi faible. Le magazine économique rappelle d’ailleurs que les prix des billets ont chuté de 50 $ en moyenne.

Dans son rapport, Forbes donne aussi quelques exemples de mauvaise gestion en commençant par Michael Heisley et sa franchise des Grizzlies de Memphis. Partisan du déménagement, Haisley a payé cher ses nouveaux quartiers car ce changement n’a pas été suivi de résultats sportifs. Déçus, les fans ne sont plus revenus et les Grizzlies et la valeur des Grizzlies a chuté de 13 % en un an. Ce n’est encore rien avec ce qu’a perdu, Robert Johson, fondateur de Black Entertainment Television, qui a payé 300 millions de dollars pour s’adjuger les Charlotte Bobcats. En six ans, par la faute de paris hasardeux (dont l’idée de développer un vaste réseaux de sports régionaux), la franchise a perdu 22 millions de dollars de valeur et doit supporter une dette estimée à 160 millions de dollars. Au palmarès du plus gros gâchis, le titre revient néanmoins à Bruce Ratner propriétaire depuis 2004, des Nets de New Jersey. Depuis son arrivée, Ratner n’a qu’une idée en tête : déménager sa franchise à Brooklyn. Le projet suit son cours malgré la fronde des supporters du club. Mécontents ces derniers ont abandonné leur équipe ; la direction a tenté de les retenir en distribuant 5 200 billets gratuitement la saison dernière. Las, sous la gouvernance de Ratner, la franchise a perdu 31 millions de dollars de valeur.

Les Lakers, l’exemple à suivre

Fort heureusement, nous dit Forbes, certains bon élèves prouvent que l’avenir peut-être envisagé sereinement si l’on se penche, par exemple, sur la situation des Los Angeles Lakers, les plus fortuné de tous à 607 millions de dollars. Eux, explique le magazine économique, ont su exploiter le Staples Centre qu’ils louent pour des concerts ou des événements sportifs. En assumant le développement des entreprises environnantes, les Lakers ont généré 51 millions de dollars de recettes la saison dernière et sont en avance sur le remboursement des 375 millions de dollars de dette, du financement privé de la salle. Dans un tout autre registre, Forbes retient aussi l’exemple de Paul Allen à la tête des Portland Trail Blazzers. Pour doper sa franchise, Allen s’est attaché les services de Mike Miller anciennement vice-président et administrateur général de Nike basketball. Ensemble, les deux hommes ont relancé le pouvoir d’attraction de l’équipe sur leurs fans tout en veillant à réduire les coûts. Résultat, la franchise de Portland a généré une hausse de 48 % de son chiffre d’affaire au cours des deux dernières saisons.

La crise n’est donc pas le fait de tous dans la prestigieuse ligue de basket américain mais il est des raisons de craindre pour l’avenir de certaines franchises. Les dernières campagnes d’abonnement attestent d’un recul massif du public pour la discipline. Seulement 76 % des abonnements ont été renouvelés malgré une baisse des prix de l’ordre de 3 %. Dans ses prédictions les plus optimistes, la ligue prévoit une nouvelle baisse de 5 % des revenus globaux de la saison qui débute. En corrigeant ses estimations sur le montant du salary cap, elle espère également contrôler les dépenses de ses clubs. Certains, n’ont pas attendu son feu vert à l’image des Suns de Phoénix où l’on vient de se séparer de 10 % du personnel.

Cresus Tensile

Le lien pour aller plus loin :
Classement des franchises de la NBA, selon leur valeur en millions de dollars

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