Enquête/ Candidature de la France à l’Euro 2016 : ce que cela va coûter stade par stade… si toutes les promesses sont tenues

Posté le 16 novembre 2009 par

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Elles ne sont plus que douze (Paris, Lyon, Toulouse, Saint-Denis, Marseille, Strasbourg, Nancy, Bordeaux, Lille, Lens, Nice et Saint-Etienne) et trois d’entre elles seront promises au rôle de simples réservistes. La Fédération française de football a tranché cette semaine en éliminant les villes de Metz et de Montpellier de la course à l’Euro 2016 qu’elle espère décrocher le 27 mai 2010.

Candidate au même titre que l’Italie, la Turquie ainsi que la Suède et la Norvège qui font dossier commun, la France a fait ses comptes de ce qu’elle devra dépenser pour la rénovation voire la construction d’enceintes sportives répondants au critères (serrés) de la Fédération européenne (UEFA).

Celle-ci exige deux stade de 50 000 places, trois de 40 000 et quatre de plus de 30 000 places. A l’exception de Saint-Denis, avec son stade de France, toutes les communes retenues par la FFF devront en accepter le prix, au mieux pour une cinquantaine de millions d’euros ; parfois dans des projets plus gigantesques à l’image de l’OL Land imaginé par Jean-Michel Aulas.

Au total, on estime à 1, 5 milliards d’euros la facture des travaux nécessaires un peu partout sur notre territoire. L’enquête de la rédaction de Sportune vous livre tous les détails financiers, stades par stades, ainsi que les principaux changements que cela va générer. Vous y verrez que si certaines communes n’attendront pas la décision de l’UEFA pour entamer les travaux, d’autres se posent la question du coup de pouce promis par l’Etat et assurent qu’elles ne feront rien si le gouvernement s’obstine à ne pas donner de signes.

Ils sont à construire :

Lyon – Projet OL Land, stade de 62 000 places + complexes pour un coût total de 450 millions d’euros

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Au mieux, Lyon aura son grand stade en 2013, soit plus de trois ans après les délais initiaux. Le bébé choyé par Jean-Michel Aulas, se heurte à plusieurs associations de riverains aidés des maires des communes avoisinantes qui se refusent de payer les 180 millions d’euros nécessaires aux infrastructures d’accès au grand stade. En périphérie lyonnaise, le gigantisme du projet d’Aulas fait peur. Le président de l’OL veut un stade, le sien, de 62 000 places, payé 300 millions d’euros et les infrastructures qui l’entourent (hôtels, commerces, restaurants, bureaux…) pour une facture totale de 450 millions d’euros assumé, dans son intégralité par OL groupe. Avec l’Euro 2016 en France, Aulas pourrait toucher d’un peu plus prêt, son ambitieux projet

Lille – Grand stade Lille Métropole, 50 000 places, 342 millions d’euros

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Après des années de palabres, de différents suivis de plaintes d’associations, le projet du Grand Stade Lille Métropole a enfin reçu le feu vert des élus locaux, sur le site de La Borne de l’espoir, à Villeneuve d’Ascq. Ce stade, d’une capacité de 50 000 places, culminera à 31 mètres de hauteur et sera recouvert d’un toit mobile. 324 millions d’euros de budget ont été budgetés dont 282 millions pour le stade et 42 pour les infrastructures avoisinantes (hôtel, parking…). Fin des travaux prévues en 2011. Le financement sera assuré majoritairement par la communauté urbaine de Lille Métropole, le constructeur Eiffage qui reversera une partie des recettes d’exploitations ainsi que le club du Lille OSC.

Bordeaux – Projet de nouveau stade calqué sur le modèle néerlandais pour un coût total de 200 millions d’euros

La ville de Bordeaux retenue parmi les douze villes de l’Euro 2016 : c’est peut-être cela qu’il manquait à la capitale girondine pour que ne débutent, enfin, les premiers travaux du futur « Grand Stade ». Imaginé sur le modèle des plus belles enceintes néerlandaises, l’ensemble sera livré en 2013 si aucun élément ne perturbe son avancée. Car la succession de Chaban-Delmas n’est pas sans poser quelque difficulté. Le financement, principalement, estimé à 200 millions d’euros. Si l’état tient ses engagements, les premiers coups de pioches seront donnés en 2011.

Nice  – Un stade de 35 000 à 40 000 places pour un budget de 100 millions d’euros (hors éventuel coup de pouce de l’état)

De déboires en projets avortés, Nice va peut-être trouver, avec l’Euro, l’élan qui lui fait défaut depuis la coupe du Monde 1998.  Le vieux stade du Ray a fait son époque. Il est temps de le remplacer. Foi de Christian Estrosi, le projet présenté au printemps dernier sera le dernier et mené à son terme au premier semestre 2013. Le maire de Nice n’a toutefois pas livré grand-chose de la nouvelle mouture du stade, hormis qu’il aura une capacité de 35 000 à 40 000 places, qu’il sera bâti sur le site de Saint-Isidore et qu’il aura valeur « de modèle sur le plan architectural et surtout environnemental ». Un possible coup de pouce de l’Etat allongerait un budget initial estimé à 100 millions d’euros.

Il sont à rénover :

Strasbourg  – Profond relifting à la Meinau pour une enveloppe de 160 millions d’euros

Sa proximité du centre de Strasbourg l’a peut-être sauvé d’une destruction annoncée. La Meinau ne sera pas remplacée mais subira un profond lifting  évalué à 160 millions d’euros tout de même. Entre autres travaux, l’augmentation de la capacité de 29 000 en configuration actuelle à 35 000 places à terme et l’amélioration des infrastructures voisines pour faire de la Meinau « un lieu de vie » dédié à d’autres choses que le ballon rond. Pour séduire, la capitale de l’Europe joue de sa proximité en affichant les nombreuses connections entre le stade de la Meinau et le cœur de l’agglomération.

Marseille – Accroissement de la capacité et couverture du stade pour un coût estimé à 150 M€

Après plusieurs années d’hésitations, la municipalité phocéenne a finalement donné son feu vert, cet été, aux premiers travaux de rénovation du stade Vélodrome. Objectif visé : accroître la capacité du stade de 60 000 à 70 000 places et le couvrir dans intégralité avec un toit rétractable. L’ensemble s’accompagnera d’un pôle d’attractivité économique avec constructions de bureaux, commerces et hôtellerie. Le projet, évalué à près de 150 millions d’euros n’en est pas moins un camouflet pour la ville qui manque de liquidités pour mener à bien son chantier.

Nancy – Un stade Marcel-Picot totalement revue à neuf, des tribunes au toit, pour une somme de 80 millions d’euros.

Euro ou pas, le stade Marcel-Picot de Nancy débutera sa mue dès le mois d’août 2010 et pour une durée de deux ans. La capacité de l’enceinte sera presque doublée pour passer des 20 000 places actuelles à 35 000 dans sa nouvelle version. Le projet prévoit en outre l’installation d’un toit rétractable ainsi qu’une pelouse synthétique. Le tout pour la somme de 80 millions d’euros.

Lens  – De presque 100 M€ au départ, Lens est retombé sur des chiffres plus abordables : 78 M€ tout de même la rénovation de Bollaert !

En l’état actuel des choses, il ne faudrait pas grand-chose au stade Felix-Bollaert de Lens pour entrer dans les critères de l’UEFA. Au mieux, une extension de 41 000 à 44000 places mais rien qui ne puisse justifier les 90 à 100 millions d’euros de travaux nécessaires, selon le président du Racing, Gervais Martel. Ce dernier a même été jusqu’à étudier la possibilité de vendre une partie de ses 77 % de capital qu’il possède dans le club pour assumer une partie du chantier. « On se devait de réfléchir à la rénovation de ce stade » indique le président nordiste. Le projet est lancé, ne reste plus qu’à financer ses 78 millions d’euros (dont 54 millions pour le stade, le reste pour les infrastructures avoisinantes) et patienter jusqu’en 2013, à la fin des travaux.

Paris – Le Parc va retrouver une seconde jeunesse pour répondre aux critères de l’UEFZ. Buget : 75 millions d’euros

Vieux de 37 ans, le Parc des Princes n’a subi que de légers liftings et quelques rares améliorations à l’occasion du Mondial 98. Il en faudra plus, beaucoup plus pour répondre au cahier des charges de l’UEFA. Premièrement, remettre à neuf ce qui ne l’est plus. Et deuxième porter la capacité de l’enceinte de 45 000 à 50 000 places. Coût de l’opération estimé à 75 millions d’euros. Pour le financer, la mairie de Paris étudierait la possibilité de sceller un bail emphytéotique de longue durée avec l’actionnaire du PSG, Colony Capital.

Saint-Etienne – Pas de nouveaux Chaudron mais un stade Geoffroy-Guichard largement corrigé à raison de 70 millions d’euros

Les Verts voulaient un nouveau Chaudron pour succéder au vieillissant Geoffroy-Guichard. Mais le projet des présidents de l’ASSE jugé trop compliqué et surtout trop onéreux (entre 200 et 250 millions d’euros) ne verra pas le jour. Du moins pas pour l’Euro. A défaut, le stade sera rénové, sa capacité sera portée de 36 000 à 42 000 places. « L’ASSE en tant que locataire n’a donc pas d’autre choix que d’accepter » indique la municipalité qui se félicite de s’en sortir à moindre frais avec 70 millions d’euros d’investissements, toutefois.

Toulouse – 54 millions d’euros pour rénover le Stadium : la municipalité ne paiera qu’avec l’aide de l’Etat

« Le Petit Wembley » ainsi baptisé pour sa ressemblance avec l’enceinte londonienne, veut jouer sa chance à l’Euro 2016 mais il lui faudra le payer très cher. 54 millions d’euros seront en effet nécessaires aux rénovations doublées d’un accroissement de la capacité, de 32 500 places actuellement à 37 500 pour l’Euro et 40 000 pour les concerts organisés dans la ville rose. Pour aller jusqu’au bout de ses rêves, la municipalité toulousaine assumera la notera à condition que l’Etat prenne ses responsabilités.  « 20 % minimums de subventions » prévient l’adjoint aux sports, François Briançon qui dit qu’à défaut, la ville « se retirera sans état d’âmes. »

Il est à rafraîchir :


Saint-Denis : Pas de chantier d’envergure mais des retouches à prévoir si la France est retenue

Le Stade de France a déjà tout pour répondre avec précision au cahier des charges de l’UEFA. Aucun chantier d’envergure n’a donc été prévu ; si la France est retenue, seules quelque retouches seront à prévoir. Pas de quoi ni fouetter un chat ni grever un budget.

Dossier réalisé par Cresus Tensile

Ce qu’il faut en retenir :

Commune Stade Budget travaux
Lyon Nouveau 450 M€
Lille Nouveau 342 M€
Bordeaux Nouveau 200 M€
Nice Nouveau 1000 M€
Strasbourg La Meinau 160 M€
Marseille Vélodome 150 M€
Nancy Marcel-Picot 80 M€
Lens Felix-Bollaert 78 M€
Paris Parc des Princes 75 M€
Saint-Etienne Geoffroy-Guichard 70 M€
Toulouse Stadium 54 M€

2 réflexions au sujet de « Enquête/ Candidature de la France à l’Euro 2016 : ce que cela va coûter stade par stade… si toutes les promesses sont tenues »

  1. Ping : 50 millions d’euros soit la somme qu’il manque à la municipalité de Bordeaux pour mener à bien son projet de grand stade SPORTUNE.FR - Sport, Business, Medias, Marketing

  2. Ping : 150 millions d’euros versés par l’Etat pour la rénovation des stades, même si la France n’a pas l’Euro 2016 SPORTUNE.FR - Sport, Business, Medias, Marketing

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