Sportifs français les mieux payés en 2013: Entretien avec Erik Bielderman

Posté le 15 mars 2014 par

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Erik Bielderman co-auteur de l'enquête sur les 50 sportifs français les mieux payés, à lire ce samedi en supplément de L'Equipe. - Photo @L'Equipe

Erik Bielderman co-auteur de l’enquête sur les 50 sportifs français les mieux payés, à lire ce samedi en supplément de L’Equipe. – Photo @L’Equipe

C’est un classique depuis maintenant 10 ans que nous suivons forcément avec un intérêt particulier. Ce samedi en effet, L’Equipe Magazine publie l’enquête sur les 50 sportifs français les mieux payés en 2013 avec en numéro un le basketteur Tony Parker. Et c’est une première dans ce classement jusqu’alors dominé par le foot.

Tony Parker sportif français le mieux payé en 2013

Frilosité du football ou montée en puissance de la NBA ? Comment expliquer qu’il y ait moins de footballeurs dans le top 50 et pour la première fois, trois basketteurs dans les 10 sportifs français les mieux rémunérés ? Les sportifs tricolores sont-ils globalement bien valorisés ? Quels autres chamboulement dans ce palmarès 2013 des sportifs français les mieux rémunérés ? Et surtout sur quoi reposent tous ces chiffres et qu’en pensent les sportifs eux mêmes ?

Entretien avec Erik Bielderman co-auteur de l’enquête

Pour satisfaire à notre curiosité, nous sommes entretenus avec Erik Bielderman, journaliste à L’Equipe Mag et consultant sur L’Equipe 21 qui est avec David Loriot l’auteur de cette enquête. Ce samedi est pour eux l’aboutissement de deux mois de travail. Effort d’autant plus méritoire que ce classement est particulièrement suivi des fans de sport. En atteste l’engouement provoqué par la révélation du podium vendredi sur les réseaux sociaux de L’Equipe. Un jour avant la sortie officielle du classement complet.

Les 5 sportifs français les mieux rémunérés en 2013: 1. Tony Parker 14,2M€

A propos de son travail d’enquête

Sur quoi reposent les chiffres ?

Ce classement se base sur tout ce qui est en relation directe avec le sport. A savoir : le salaire, les primes de matchs et primes de victoires, les contrats équipementiers et de sponsors. Mais aussi, quand nous avons ces informations: les droits d’images et les primes à la signature. En revanche sont exclus les investissements d’ordre individuels. Si un joueur touche « X » sur l’achat d’une quinzaine de maisons qui lui rapporte de l’argent, cette donnée-là n’est pas prise en compte dans notre classement.

Qu’en pensent les sportifs français ?

Cela fait plus de dix ans que l’on le fait. A force, on commence à être connu et référencé par le milieu. On a de temps en temps des retours, le plus souvent amusant. On nous dit, avec un petit sourire : « Vous avez clairement sous-estimé mes revenus ». Effectivement quand on nous dit cela c’est parce qu’il y a la notion de droits à l’images qui est assez complexe à analyser. Par exemple quand vous êtes au Real Madrid vous cédez 50% de vos droits d’image au club mais vous touchez en contre-partie des royalties sur le merchandising du club. Ce sont des chiffres bien plus compliqués à décortiquer mais nous n’avons pas de retour du style : « Vous êtes complètement à côté de la plaque ».
D’une année sur l’autre on essaye d’affiner. Au bout de dix ans on a de plus en plus d’éléments qui nous permettent d’être pointus.

Combien de temps d’enquête ?

On est principalement deux sur le foot, un sur le basket et on fait appel à quelques collègues par ailleurs. On s’y met début janvier. Quand on publie une liste de 50 sportifs on étudie 80 fiches. C’est deux mois de travail très intenses.
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A propos du classement 2014 des sportifs français les mieux rémunérés

Le basket NBA est-il devenu plus rémunérateur que le foot pour les sportifs tricolores ?

Si on regarde les salaires de Parker, Benzema ou de Ribéry, on est à peu près dans la même fourchette entre 800.000 et 850.000 euros bruts mensuels. En revanche, les basketteurs – en particulier un joueur comme Parker mais aussi Joakim Noah – sont plus bankable que les footballeurs. Ribéry ou Benzema n’attirent pas les sponsors de la même manière. Ne serait-ce que parce que sur l’année 2013 nous sommes dans une année impaire donc sans compétition internationale. Et parce que l’image des footballeurs depuis Knysna et toutes les choses qui sont arrivées dans le football ces quatre ou cinq dernières années font que les sponsors d’une manière générale n’investissent pas sur les footballeurs.

Les Bleus ont-il la cote auprès des sponsors ?

Il y a du mieux, mais ce mieux est venu très tard pour compter en 2013 puisque la France ne s’est qualifiée pour la coupe du Monde qu’au mois de novembre. Semble émerger avec cette coupe du Monde 2014 une génération de joueurs qui ne portent pas les stigmates de Knysna. Quand on voit arriver des Varane, des Pogba, des Griezmann… On a des jeunes qui laissent à supposer que cette équipe peut devenir attractive comme elle déjà aujourd’hui avec des Lloris, des Cabaye, des Matuidi… Des joueurs qu’il est « facile d’aimer ». J’entends par là que s’il réussisse une bonne coupe du Monde ils deviendront ensuite des clients potentiels pour les marques.

Des sports sortent-ils du lot cette année ?

Non ! C’est impossible. Ce sont toujours les mêmes sports à savoir le tennis, les sports mécaniques, le foot et le basket. Et ponctuellement il peut y avoir un golfeur, un joueur de hockey s’il est aux Etats-Unis. Mais le rugby, l’athlétisme, le ski, le judo… Tous ces sports-là sont très loin. Sauf à ce que le personnage soit quelqu’un de « peoplisant ». Si Laure Manaudou est entrée dans ce classement c’est parce qu’elle était une icône marketing.

Les sportifs français ne sont-ils pas assez bankable ?

Si l’on fait le prorata des sportifs qui monnaient le mieux leur image, c’est deux tiers des revenus salariaux, l’autre tiers des revenus commerciaux. Par exemple Tony Parker gagne 9,4 millions en salaire annuel. Et ce qui l’amène à son chiffre global (14,2M€) c’est du sponsoring. Il n’y a pas actuellement chez les sportifs français, l’équivalent d’un David Beckham.

Quelles autres particularités faut-il retenir du Top 50 des salaires des champions ?

Le retour d’une femme, Marion Bartoli, à la 46e place. La première depuis Laure Manaudou en 2009. Mais aussi la montée en puissance du basket qui a pour conséquence de sortir des footballeurs de ce classement. Ils étaient 43 puis 41 et maintenant 40. On voit aussi de fortes variations comme Anelka qui était en Chine il y a deux ans et qui régresse au classement ou Guillaume Hoarau qui a fait toute sa dernière saison en Chine, lui est artificiellement très haut dans le classement mais la saison prochaine il redescendra voire en sortira.

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